Top 10 cinéma 2009

16-12-2009 - 19:03 - Par

Top10-2009Bandeau

Entre la dinde et le foie gras, les cadeaux et les rediffs de La Grande Vadrouille à la télé, c’est une tradition aussi vieille que le journalisme : les tops de fin d’année. Cinemateaser dresse ses films préférés de 2009, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année fut riche et éclectique.

Emmanuelle Spadacenta

D91/ DISTRICT 9

Avec l’histoire de ces extraterrestres, réduits à l’état de sous-hommes en Afrique du Sud, percutée de plein fouet par celle d’un fonctionnaire du gouvernement infecté du virus alien, Blomkamp, génie visuel, livre un film définitif sur la condition humaine et sa nature destructrice. Des émotions spielbergiennes, un photoréalisme sans précédent, du divertissement populaire ET intelligent. Un premier long chaperonné par Peter Jackson, comme un attentat sur la science-fiction contemporaine.

StarTrek2/ STAR TREK

Bouleversant les idées reçues sur la mythologie STAR TREK, J.J. Abrams a réalisé l’un des rares préquels/reboot légitimes des années 2000. D’une tranquille épopée intergalactique et philosophique, il a fait un blockbuster sur-énergisé aux SFX déments. Et a revivifié la famille de l’Enterprise en une agence tous risques de l’espace, maligne, sexy et moderne. Bref, du très neuf avec du trop vieux, comme un travail de restauration d’orfèvre, qui respire l’amour de la SF d’abord et du cinéma tout court.

Slumdog3/ SLUMDOG MILLIONAIRE

Aucun scandale, aucun ragot de tabloïd, ni aucune exploitation malsaine de son succès n’aura eu raison du dernier film de Danny Boyle. Explosant les codes de Bollywood par une mise en scène de l’urgence et une lumière quasi-divine, il déroule la plus belle histoire de 2009, tout en amour et en espoir écrasant la violence terrible et quotidienne de l’Inde. Un optimisme et une joie débordante à contre-pied total du cinéma d’aujourd’hui. Ça s’appelle un conte de fées offert aux adultes.

LaHaut4/ LÀ-HAUT

Une année sans Pixar, ça n’a plus de sens. Le studio de John Lasseter nous a encore ébloui l’été d’une animation sentimentale et drôle, versant parfois dans le Guignol débridé ou, à l’inverse, dans la leçon de vie magistrale, se décomplexant du tampon intello qu’avait pu leur coller le chef d’œuvre WALL-E. Papi acariâtre, boy scout mal-aimé, chiens qui parlent, explorateur démoniaque : le plus grand film d’aventure depuis longtemps.

Demineurs5/ DÉMINEURS

Chronique sans complaisance des démineurs en faction au Moyen Orient, le film de Kathryn Bigelow a ce très grand mérite de ne pas confondre film de guerre et charge politique. Une gageure. Tout en subtilité, DÉMINEURS, ce thriller anxiogène, ne fait que peindre le portrait d’un orfèvre du désamorçage, fou, inconscient. Avec les post-ados perdus du Midwest, ces soldats accros à l’adrénaline sont la chair à canon favorite d’une Amérique en guerre, car ils ne sont animés d’aucune idéologie. Ça mérite un Golden Globe, bien sûr. Mais surtout un Oscar.

T46/ TERMINATOR RENAISSANCE

Le relatif échec de ce quatrième opus de la franchise reste un mystère. Fidèle à l’esprit de Cameron, maîtrisé de bout en bout visuellement, notamment grâce à une direction artistique parfaite et de très grands moments de mise en scène, le volet de McG est aussi bien un gros film d’action qui tache, une déclaration enflammée aux deux premiers épisodes, qu’une anticipation dystopique totalement bouleversante. Un vrai nouveau souffle sur l’une des plus grandes franchise SF de tous les temps.

Chaser7/ THE CHASER

On ne dira jamais assez de bien de la Corée du Sud et de son cinéma. Avec son personnage d’ex-flic, néo-maquereau, qui picole et qui frappe aux poings comme un ivrogne, avec son histoire de putes massacrées par un meurtrier psychopathe, avec l’histoire bête d’une petite fille qui n’a bientôt plus de mère, le prodige Hong-jin Na, encore à l’école de cinéma, nous gratifie du polar ultime de 2009.

Bronson8/ BRONSON

Du Kubrick des années 2000 auront dit les critiques les plus clémentes. On vous épargne le pire des commentaires des confrères. C’est sûr, BRONSON, radical biopic du prisonnier le plus dangereux d’Angleterre, ne laisse pas indifférent. Soit il horripile par sa mise en scène folle et le jeu débridée de Tom Hardy (ROCK’NROLLA). Soit il subjugue de violence et de beauté et peut devenir, dans ce cas, un pur opéra baroque, dans tout ce qu’il y a de plus dérangeant. J’ai choisi mon camp.

Maximonstres9/ MAX ET LES MAXIMONSTRES

Défiant le concept même de narration cinématographique, optant pour l’effet visuel artisanal plutôt que pour le tout numérique, et farfouillant dans le malaise de l’enfance pour une thérapie ludique et violente, Spike Jonze, en adaptant le livre pour enfants de Maurice Sendak, nous offre son meilleur film et, malgré son exigence et son apparat arty/côte est, sûrement le plus populaire. Complètement crève-cœur.

Transformers210/ TRANSFORMERS 2 : LA REVANCHE

J’irai me flageller plus tard, une fois que j’aurai dit à quel point ce gros machin d’entertainment respire le cinéma qu’on aimait, petit. Bruyant, bordélique, pas franchement rigoureux dans son histoire mais martial quand il s’agit de balancer de l’image, TRANSFORMERS 2, plus que certains confrères qui trustent actuellement nos écrans à force d’un marketing assassin, repousse les limites du cinéma spectacle. Bay se paie l’armée et les pyramides pour le bulldozer visuel de l’année.

Aurélien Allin

LaHaut1/ LÀ-HAUT

A priori, c’était peut-être l’un des Pixar les moins bandants depuis longtemps. Seulement voilà, après seulement dix minutes de métrage, les gars de Lasseter l’ont encore fait : nous amener tranquillement aux larmes, puis nous remuer avec des rires bien gras à base de blagues juvéniles, de chiens qui parlent, de p’tit vieux bougon, de scout enrobé et d’oiseau géant nommé Kevin. La justesse du propos, l’équilibre parfait entre divertissement inoffensif et leçon de vie sincère, ont fait de LÀ-HAUT le bijou de l’année, et le Pixar le plus émouvant.

Maximonstres2/ MAX ET LES MAXIMONSTRES

Pendant 1h25, le troisième film de Spike Jonze éblouit par son audace esthétique et narrative, son côté arty (qui en irritera plus d’un) et l’incroyable prestation de Max Records. Un film d’auteur ambitieux mais froid. Jusqu’au dernier quart d’heure, véritable tsunami émotionnel, où chaque pièce du puzzle finit par s’imbriquer pour donner une bonne grosse claque. Un grand film de 2009, un grand film de la décennie. Un grand film qu’on gardera dans le cœur pendant longtemps.

D93/ DISTRICT 9

On ne pensait pas que DISTRICT 9 puisse survivre à la hype et à son incroyable bande-annonce. Tout faux. Le premier film de Neill Blomkamp écrase la première sous son talent et la seconde sous son efficacité dantesque. Un pur film de SF bourré d’idées, rythmé en diable, au propos simple mais non dénué de justesse. Avec en prime la leçon de cinéma de l’année : on peut faire un putain de blockbuster avec 10 fois moins de budget que James Cameron ou Michael Bay.

Prophete4/ UN PROPHÈTE

Un long métrage sans concession, que certains vannent pour son trop plein d’efficacité (on croit rêver), mais qui a l’intelligence de regarder la violence et les maux des sociétés occidentales sans complaisance ni stylisation. Tendu comme une arbalète, douloureux comme un coup de genou aux burnes, superbement mis en scène et écrit au cordeau, UN PROPHÈTE, c’est tout ce que le cinéma français a à offrir de mieux. On espère que ça servira de leçon aux auteurs nombrilistes concentrés sur les problèmes de la jeunesse du 16ème arrondissement.

Wrestler5/ THE WRESTLER

Darren Aronofsky se rachète une conduite après le ratage de THE FOUNTAIN. Avec ce drame sec et filmé avec grâce, il parvient à observer avec tact une Amérique que l’on ne voit que chez Steinbeck, Dylan ou Springsteen et signe un drame « à la Dardenne ». Aussi divertissant qu’émouvant, et très 70’s dans l’âme, THE WRESTLER touche là où ça fait du bien, en plein cœur. Les dernières minutes du film ne cessent de hanter l’âme, des mois après la vision.

Morse6/ MORSE

La fin de la décennie aura été marquée par le retour en fanfare des vampires. TWILIGHT par-ci, TRUE BLOOD par-là, THE VAMPIRE DIARIES d’un côté, L’ASSISTANT DU VAMPIRE de l’autre. Sauf que tous se sont fait éclater par un petit film suédois, MORSE, dont la beauté plastique n’égale que l’anxiogène atmosphère, et où l’inconnu Tomas Alfredson use du vampirisme comme allégorie de la cruauté de l’enfance. Le tout baigné dans une intemporalité aussi étrange qu’inquiétante, comme si les pires démons humains n’avaient ni âge, ni époque.

BadTrip7/ VERY BAD TRIP

Succès surprise de l’été, VERY BAD TRIP aura également été l’un des plus grands moments de poilade de l’année. Terriblement malin avec ses flashbacks et flashforwards, bâti sur des personnages aussi dingues qu’attachants, alignant gags cradingues et vannes énooormes, VERY BAD TRIP est tout simplement irrésistible. Avec en bonus, la chanson la plus absurde de 2009, ode à l’amitié virile et aux tigres, et la reprise la plus perverse du « Candy Shop » de 50 Cent.

Slumdog8/ SLUMDOG MILLIONAIRE

Danny Boyle méritait enfin la reconnaissance. Même si son incroyable SUNSHINE aura marqué une plus grande étape artistique dans sa carrière, SLUMDOG MILLIONAIRE possède ce charme inexplicable et irrésistible qui font les grands films. Conte de fée bollywoodien pur jus, SLUMDOG c’est la parole laissée au cœur et à l’innocence, et un regard sur l’Inde dénué de tout pathos. Tout simplement lumineux.

Bronson9/ BRONSON

S’il était sorti dans les années 70, cet OVNI filmique aurait sans doute fait les gros titres et révolutionné son temps. Mais terriblement inadéquat dans une époque où l’évidence et le simplisme sont rois, BRONSON est en 2009 passé quasi inaperçu. Sauf pour ceux qui l’ont vu et ont décelé en lui la folie et l’exigence expérimentale d’un Kubrick. Oui, carrément. Nicolas Winding Refn (PUSHER) y confirme tout le bien qu’on pensait de lui, et Tom Hardy gagne la couronne de l’acteur de l’année.

Demineurs10/ DÉMINEURS

Kathryn Bigelow, la cinéaste aux cojones plus grosses que Manhattan revient, mais pas où on l’attendait. Elle met ici son incomparable talent de maîtresse ès tension étouffante à l’usage d’un film de guerre anti-paroxystique, où le personnage principal n’a rien du gentil héros américain classique. Uniquement motivé par l’adrénaline, le démineur William James, incapable de vivre une existence banale à base de consumérisme et de calme familial, permet à DÉMINEURS de réfléchir sur la complexité de la guerre, loin de la fracture un peu simplette entre Bien et Mal.

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