Disney vs Angleterre : le bras de fer

12-02-2010 - 09:24 - Par

AliceBandeau

Les plus grands exploitants d’Angleterre menacent de boycotter ALICE AU PAYS DES MERVEILLES si Disney persiste dans sa stratégie commerciale.

OdeonEt quelle est la stratégie de Disney, demanderez-vous ? Réduire le délai entre la sortie en salles et la sortie en DVD de 17 à 12 semaines. De quatre à trois mois. Ça arrange le consommateur, ça brosse les autorités anti-piratage dans le sens du poil et Disney de jubiler déjà du potentiel commercial d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES en DVD. Pensez, un film familial événement ! Mais les exploitants anglais tirent la gueule. Odeon, Vue et Cineworld, les principales chaînes de diffusion outre-Manche, représentant 95% des salles british équipées de la 3D, exigent une garantie de 4 mois de délai entre la sortie salles et la sortie bacs et menacent donc de boycotter le film. Ils avancent qu’une telle stratégie pourrait décourager les spectateurs d’aller au cinéma et les encourager à attendre la galette. Il faut dire que chez nos voisins, le prix d’un ticket-salle (10£ soit 15 euros environ) se rapproche dangereusement du prix d’un DVD (15£, une vingtaine d’euros).

Iger

Bob Iger

Bob Iger, aux commandes de Disney depuis l’année dernière, est à l’origine de cette petite réforme. L’été dernier, il avait déjà tenté le bras de fer lors de la sortie de LÀ-HAUT, mais les exploitants anglais avaient menacé d’éjecter le DRÔLE DE NOËL DE SCROOGE de leur programmation. Disney avait alors abdiqué.

Mais, rebelote. Et le conflit se corse. Si bien que The Guardian consacre une page aujourd’hui à la stratégie Disney, parlant de proposition « à prendre ou à laisser » sans possibilité de négocier. Les USA et l’Italie ont déjà plié à l’exigence. Les exploitants anglais sont un peu plus têtus que ça : ils ont déjà retiré tous les trailers de ALICE de leurs écrans et ont cessé les pré-réservations. Seul Cineworld a laissé sur son site internet du matériel promotionnel pour le film, mais reste ferme sur sa position. Même si Disney argue que 97% des recettes d’un film en salle proviennent des huit premières semaines de distribution. On doute que Disney, il y a quelques années, aurait accepté que les exploitants ôtent leurs films des écrans après 8 semaines sous prétexte « qu’après, ils ne rapportent plus rien ». Mais aujourd’hui, la major le préconise car dès qu’ALICE sera retiré des salles, il sera disponible dans les mégastores. Disney espère aussi réduire les coups de marketing pour la sortie DVD puisque la première campagne pour la sortie cinéma fera encore son petit effet. Les coups de la campagne DVD seront donc radicalement minimisés.

Dernier argument commercial de poids brandi par le studio pour faire plier Odeon, Vue et Cineworld : la coupe du monde de football ! ALICE AU PAYS DES MERVEILLES devant sortir le 5 mars et la coupe du monde arrivant à grands pas le 11 juin (soit trois mois plus tard), Disney ne voit pas l’intérêt de garder le film en salles alors que les Anglais seront sûrement trop occupés à regarder les matchs à la télé. Ce à quoi les exploitants british répondent que, vu la cible familiale et juvénile d’ALICE, l’argument ne tient pas et que bien d’autres films prendront le risque de sortir en juin alors même que les spectateurs qu’ils visent auront sûrement le cul rivé au canapé.

À noter que la grande première d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, prévue à l’Odéon de Leicester Square à Londres, le 25 février, organisée à des fins caritatives pour La Fondation pour les enfants et les arts du Prince Charles, est maintenue, car elle n’a aucune vocation commerciale.

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