John DeLorean, prochaine star d’Hollywood

25-02-2010 - 19:11 - Par

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Le créateur de la voiture la plus cool du monde est au centre d’une bataille de biopics en pagaille. Faisons le tri.

RetourFuturPour tous les geeks du monde entier, DeLorean est synonyme de RETOUR VERS LE FUTUR, Flux Capacitor et de voyage dans le temps. Mais la voiture utilisée par Doc Brown pour bâtir sa machine à traverser l’espace-temps, avant de devenir une icône, était au centre des rêves un peu fous d’un homme : John DeLorean. A la manière d’un Preston Tucker, qui dans les années 40 défia en vain l’industrie automobile avec un concept révolutionnaire, la Tucker Torpedo, DeLorean souhaitait bousculer le monde bien rangé des automobiles. Et comme Tucker, qui connut les honneurs du biopic via Francis Coppola en 1988, DeLorean attire dorénavant les appétits d’Hollywood.

Ainsi, aujourd’hui a été annoncé un projet de film biographique encore sans titre, écrit par Thomas Fenton (SAW IV) et soutenu par l’unique fille de DeLorean, Kathryn. « D’autres producteurs m’ont sollicitée mais j’ai eu le sentiment que l’équipe » formée par Fenton et les sociétés Nine/8, Evolution Entertainment et Michael Mendel, « était la bonne pour raconter l’histoire de mon père de la meilleure façon. (…) Je voulais m’assurer que l’histoire de mon père soit bien racontée, car les gros titres dont il fut l’objet ne suffisent pas à le définir ».

John DeLorean

John DeLorean

Il faut dire que la vie de DeLorean est ahurissante. Lui qui créa rien de moins que les Pontiac Firebird et GTO, quitta avec fracas la direction de General Motors en 1972, annonçant vouloir faire « dans le social ». Mais bien sûr, DeLorean avait d’autres rêves en tête et créa sa compagnie, DMC (DeLorean Motor Company) trois ans plus tard. En 1981, il débuta en Irlande la construction de la DMC-12, son modèle mythique, désormais connu sous le nom de DeLorean, dont le châssis avait été créé par Lotus. De l’usine bâtie par Renault ne sortirent que 9,000 voitures en 21 mois. Pour sauver sa société en grande difficulté financière, DeLorean accepta l’aide d’un certain James Hoffman qui le contacta, et lui proposa, en la faisant simple, de laisser des trafiquants de cocaïne contrôler sa société dans le but de blanchir leurs capitaux. Sauf qu’Hoffman, ancien trafiquant, était alors informateur du FBI. Piégé, l’industriel fut arrêté fin 82. Et le scandale éclata en une du « Hustler » de Larry Flint, qui publia la vidéo de l’arrestation de DeLorean, lors de laquelle un agent du FBI lui lançait la chose suivante : « Défends-toi et tu verras la tête de ta fille se faire éclater ». Sympa. Au final, deux ans plus tard, DeLorean, qui se défendit lui-même devant les tribunaux, fut acquitté, au motif qu’il avait été piégé par les autorités. « Il s’agira du film définitif sur mon père » conclut Kathryn. Définitif, peut-être pas. Car rien de moins que trois autres projets sont en cours, et un documentaire est déjà en boîte !

David Permut, producteur de l’attendu YOUTH IN REVOLT avec Michael Cera, annonça en mars 2009 son intention de porter la vie de DeLorean sur les écrans, en achetant les droits biographiques de l’avocat de l’industriel. Un projet devant se concentrer sur l’ascension puis la chute de DeLorean, depuis ses jeunes années chez General Motors, jusqu’à sa mort en 2005.

J.Toback (g.) / B.Ratner (d.)

J.Toback (g.) / B.Ratner (d.)

Puis en juin 2009, on apprit que le réalisateur indépendant James Toback (TYSON) écrivait un projet concurrent que pourrait réaliser… Brett Ratner. Point de vue original, puisque Toback souhaite s’intéresser davantage à tous ceux ayant provoqué la chute de DeLorean (les diverses sociétés automobiles, les autorités, la presse etc.) et ainsi dépeindre « l’extraordinaire arrogance d’une partie des représentants du capitalisme américain » selon Ratner et « le désir de certains agents du FBI de faire progresser leurs carrières » en faisant tomber DeLorean selon Toback.

Mais ce n’est pas fini puisque Alex Holmes, connu pour avoir écrit et dirigé la mini-série HBO, HOUSE OF SADDAM, compte lui aussi porter la vie de DeLorean au cinéma, dans un quatrième projet concurrent ! Comme il l’annonçait en août dernier, Holmes, qui écrira le scénario en s’inspirant de mémoires jamais publiées par DeLorean, du livre « Grand Delusions » de Hillel Levin et d’articles de « Fortune » et « Time », compte s’intéresser plus particulièrement à l’imbroglio judiciaire qui provoqua la chute du créateur automobile en faisant de son film « un thriller porté par un héros tragique ». « Pendant mon enfance, il était une figure mythique pour moi. Ses rêves ont fini par l’opposer aux gouvernements britanniques et américains, qui l’ont détruit » expliquait ainsi Holmes, dont le projet est soutenu par l’autre enfant de John DeLorean, son fils Zachary.

Enfin, un documentaire soutenu par Kathryn DeLorean, et réalisé par Jordan Livingston, intitulé BACK TO THE DELOREAN, est déjà en  boîte. En voici les premières images.

Gageons que de ces quatre projets, une majorité ne se fera jamais. Reste désormais à savoir lequel triomphera. En attendant, la vie de DeLorean a déjà inspiré d’autres artistes : en mars 2008, Gruff Rhys (leader du groupe de pop Super Furry Animals) et le producteur Boom Bip, sortaient sous le nom de Neon Neon l’album concept « Stainless Style », consacré au papa de la voiture mythique. On vous conseille le morceau « I Told Her On Alderaan », sommet de kitsch 80’s qui devrait ravir tous les nostalgiques de RETOUR VERS LE FUTUR, de Rubix Cube et autres joyeusetés du passé. En voici le clip :

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