Interview de Léa Seydoux

12-05-2010 - 00:00 - Par

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A l’occasion de la sortie en salles et de la présentation à Cannes du ROBIN DES BOIS de Ridley Scott, nous avons pu poser quelques questions à la comédienne française, qui y campe Isabelle d’Angoulême.


SeydouxRobin1Lorsque vous êtes arrivée sur le casting du film, avez-vous ressenti la pression de la concurrence ?

Je ne sais pas trop, car l’on ne sait pas combien il y a d’actrices postulant pour le rôle. Tout est gardé secret. En tout cas, je remercie Marion Cotillard, car elle a ouvert les portes d’Hollywood aux Françaises. Ce n’est pas tant en raison de son Oscar… mais sa performance nous a permis d’avoir plus de place dans les films hollywoodiens. J’ai vraiment senti qu’en Amérique, ils ont beaucoup de considération pour les comédiens français. Nous restons toujours exotiques, certes, mais les frontières s’ouvrent.


Isabelle d’Angoulême, votre personnage, est censée avoir 12 ou 13 ans. Votre performance exprime parfaitement son innocence juvénile…

Je me suis renseigné sur elle, mais l’aspect juvénile dont vous parlez ne se fabrique pas selon moi. Quand j’ai passé le casting, ils me trouvaient trop âgée (elle a 24 ans aujourd’hui, ndlr). Ils envisageaient une actrice plus jeune, pour mieux coller au personnage. Mais comme il y a cette scène au lit, il était délicat de prendre une fille trop jeune. Et comme je fais moins que mon âge…


SeydouxRobin2Comment avez-vous été dirigée par Ridley Scott ?

Je n’ai pas été trop dirigée… Cela passait plus par des discussions normales, dans lesquelles on se mettait d’accord sur comment jouer la scène. Au-delà, il ne m’a rien dit de spécial. Parfois, les choses doivent aussi se faire à l’instinct.


Jonathan Zaccaï m’a dit que sur le tournage, il avait réalisé que plus la machine était énorme, plus elle poussait vers le jeu, contrairement à ce que l’on peut penser…

Oui, il y a beaucoup de jeu c’est vrai, car ce n’est pas réaliste. Les films américains, c’est du grand spectacle. Cela s’adresse à un public large, cela doit être compréhensible tout en étant subtil. Cela passe par un jeu très expressif. C’est pour ça que la plupart des acteurs du film vient du théâtre. C’est la grosse différence entre le cinéma américain et français. Chez Christophe Honoré par exemple, les acteurs ne sont pas dans la sur-expression, ils ne sont pas obligés de montrer chaque émotion sur le visage. Dans un film hollywoodien, on est là pour avoir le cœur qui bat, les mains moites, pour rire, pleurer. Cela doit vous emporter. Ce sont des films faits pour procurer un maximum d’émotions, pour embarquer le spectateur. Il n’y a pas une grande intimité dans ces films. Mais j’adore ça aussi. On ne s’ennuie jamais.


Belle Epine

Belle Epine

Vous avez trois films cette année à Cannes…

Oui, je présente BELLE ÉPINE à la Semaine de la Critique. Je porte totalement ce film, j’en suis très fière, j’ai vraiment hâte de le voir. Je ressens une émotion particulière pour ce long-métrage. Et puis j’ai aussi PETIT TAILLEUR, le court-métrage de Louis Garrel, qui est une sorte de conte, et que nous présenterons à la Quinzaine des Réalisateurs.




 
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