EASY MONEY : chronique

06-04-2011 - 08:36 - Par

La Suède réveille définitivement son côté sombre : EASY MONEY, gloire nationale, est l’un des meilleurs thrillers de ce début d’année, égalant les références du genre.


Le cinéma suédois a beaucoup fait parler de lui récemment, que ce soit pour sa trilogie MILLENIUM ou pour MORSE, superbe anti-film de vampires. EASY MONEY assoit le pays comme celui des histoires dark et des sales ambiances, peu importe le genre, polar, ovni sanglant ou thriller. On peut dire merci à la littérature locale dont tous ces films sont inspirés. Car oui, EASY MONEY est lui aussi une adaptation, du roman « Stockholm noir – l’Argent facile » de Jens Lapidus, avocat et auteur spécialiste des rouages du crime organisé. Il propose ici une plongée abrupte dans les coulisses du trafic de cocaïne et dans les histoires croisées de Jorge, dealer à peine échappé de prison, de Mrado, un dur à cuir à ses trousses, et de JW, un étudiant en commerce complètement raide qui multiplie les courses pas nettes jusqu’à se retrouver embourbé dans une sale entourloupe pour récupérer de la poudre. Dans un business souterrain où chacun veut sa place au soleil, tireront-ils leur épingle de ce jeu de massacre ? EASY MONEY – et son tourbillon narratif au cordeau – doit beaucoup de sa complexité et de sa fluidité exemplaire à une poignée de personnages captivants, piliers extrêmement solides d’une histoire dense. Avec le melting-pot et les fractures sociales de la Suède contemporaine en toile de fond, le réalisateur Daniél Espinosa tire un portrait crasseux et sinistre du Stockholm d’aujourd’hui, entre économie parallèle et caste nantie, entre réseaux criminels et jeunesse dorée, antagonistes tributaires les uns des autres. Au beau milieu, trône JW, beau gosse cachant sa misère sous de luxueux costards, rêvant d’être un voyou en col blanc, contraint de n’être qu’un truand à la petite semaine et forcé d’admettre que ses origines prolétaires ne l’auront jamais préparé à la violence dans laquelle il est aspiré. Agressif, véhément, le film envoie une énergie brute, et développe un récit visuellement austère qui, sacrifiant parfois son efficacité sur l’autel de l’ambiance, se déroule sans aucune poésie, pour mieux nous immerger dans une fable morale, typique des bons films de gangsters. Le scénario est haletant, et EASY MONEY devient alors, en deux heures de temps, un long-métrage essentiel à ceux qui aiment voir se répandre le sang sur le bitume dans une course effrénée au petit pouvoir.





 
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