Cannes 2011 : HARA-KIRI : DEATH OF A SAMURAI / Critique

19-05-2011 - 11:44 - Par

De Takashi Miike. Sélection officielle, en compétition.

Synopsis : Souhaitant finir sa vie dans l’honneur, Hanshiro, samouraï miséreux, demande l’autorisation de commettre le suicide rituel à la Maison de Ii, dirigée par le seigneur Kageyu. Ce dernier, qui désire rejeter la demande d’Hanshiro, lui conte l’histoire tragique d’un jeune ronin nommé Motome pour le dissuader. Choqué par le tragique destin de Motome, Hanshiro n’en demeure pas moins motivé à pratiquer le hara-kiri. Mais au moment de l’accomplir, Hanshiro confesse à Kageyu être lié à Motome. Le seigneur réalise alors que Hanshiro a planifié une terrible vengeance…

Takashi Miike en compétition à Cannes, avec un film de samuraï en 3D, qui plus est : qui ne s’en pourlècherait pas les babines? Le cinéaste japonais tourne plus vite que son ombre (entre deux et quatre opus par an quand même), et a donc une certaine propension à l’irrégularité. Il a cependant prouvé par le passé, avec des opus aussi radicalement différents que AUDITION et CROWS ZERO (entre nombreux autres), toute sa capacité à nous fasciner, tant narrativement que visuellement.

Avec HARA-KIRI, DEATH OF A SAMURAI, il avance sur un terrain miné, puisqu’il réalise un remake de HARA-KIRI, classique de Masaki Kobayashi (1962). Comme pour tout long-métrage, mieux vaut juger la chose sur pièce, plutôt que de la comparer au matériau originel. Même si HARA-KIRI relit parfois plan par plan son aîné et en respecte scrupuleusement la narration. Avouons que la version de Miike n’emballe pas foncièrement, principalement en raison d’un récit manquant singulièrement de rythme et souffrant cruellement d’une exposition des enjeux peu excitante.

C’est d’autant plus dommage que l’histoire en elle-même, centrée sur des valeurs poignantes (l’honneur en point d’orgue), sur des rapports familiaux touchants, et le désir légitime de vengeance, intéresse intrinsèquement. Finement écrit, développant des émotions justes et tendres, HARA-KIRI affiche de nombreuses qualités. Mais Miike semble comme engoncé dans un cadre qui ne lui irait pas. Même sa mise en scène, d’ordinaire si inventive, apparaît ici bien sage, et ne tire même pas parti de la 3D, gimmick inutile et sous-exploité, à peine visible durant 95% du métrage. Heureusement, il se régale enfin (et nous avec) lors d’une séquence finale de combat au sabre assez ahurissante de classe virtuose. Une dernière note qui rehausse le plaisir, mais ne fait aussi que rendre la déception plus grande.

Hara-kiri : Death of a samurai, de Takashi Miike. Avec Eita, Ebizo Ichikawa, Koji Yakusho. 2h06. Prochainement.



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