Cannes 2011 : PIRATES DES CARAÏBES – LA FONTAINE DE JOUVENCE / Critique

14-05-2011 - 11:14 - Par

De Rob Marshall. Sélection officielle, hors compétition.

Synopsis : Le chemin de Jack Sparrow croise celui de l’énigmatique Angelica. Est-ce vraiment de l’amour entre eux, ou cette femme n’est-elle qu’une aventurière sans scrupules qui cherche à l’utiliser pour découvrir la légendaire fontaine de Jouvence ? Lorsqu’elle l’oblige à monter à bord du Queen Anne’s Revenge, le bateau du terrible pirate Barbe Noire, Jack se retrouve embarqué dans une aventure riche en imprévus dans laquelle il ignore ce qu’il doit craindre le plus : le redoutable maître du bateau ou Angelica, avec qui il partage un mystérieux passé.

PIRATES DES CARAÏBES – LA FONTAINE DE JOUVENCE se voulait l’épisode de la guérison pour la franchise multi-milliardaire. Malgré les recettes faramineuses des trois premiers volets, les deux derniers en date n’avaient guère convaincu, en raison d’un récit souvent trop alambiqué et d’une esthétique tout CGI poussive. Avec ce nouvel opus, la franchise parvient-elle enfin à retrouver le lustre de ses débuts ? Réponse de normand : oui et non.

LA FONTAINE DE JOUVENCE avait bien des atouts a priori dont un renouvellement du casting et un changement de réalisateur, voués à donner du sang neuf. Et bizarrement, c’est là que le film échoue. On aurait jamais pensé cela possible, mais Orlando Bloom et Keira Knightley manquent ici cruellement. La faute ne revient pas à leurs remplaçants désignés, Sam Claflin et Astrid Bergès-Frisbey, choupinets et assumant avec conviction leurs rôles. Mais plutôt à la façon dont leurs personnages interviennent dans le récit. Jamais Philip le missionnaire et Syrena la sirène n’interagissent réellement avec Jack Sparrow. Le capitaine pirate est ici l’unique héros, et ce déséquilibre finit par affadir le film, en dépit du charisme de Depp. Même son duo avec Penélope Cruz, lorgnant vers le buddy movie romantique, ne parvient à donner à LA FONTAINE DE JOUVENCE le même entrain que le trio formé par Depp, Bloom et Knightley, dont l’alchimie formait le véritable moteur de la franchise jusqu’alors.

Quant à Rob Marshall, s’il ne s’en sort pas mal, il n’a pas le talent de Gore Verbinski. La poursuite en carriole à Londres, au début du film, manque ainsi singulièrement de peps, autant dans le découpage que dans l’inventivité des situations. Pourtant, ne nous plaignons pas trop. LA FONTAINE DE JOUVENCE, malgré ses longueurs et ses défauts, parvient à divertir et revient aux fondements de la saga : celui de l’aventure pure et dure, sans mysticisme ni débauche d’effets numériques. On retrouve donc cette facture presque old school qui faisait le charme du tout premier épisode. Ce qui laisse espoir quant au cinquième épisode, qui, s’il dompte les lacunes de son prédécesseur, pourrait convaincre totalement. En revanche, on ne saura que trop conseiller d’aller voir LA FONTAINE DE JOUVENCE en 2D, encore une fois. Bien que native, la 3D s’avère guère convaincante. Et comme d’habitude, malgré tous les efforts pour adapter la colorimétrie, les lunettes donnent à l’image un ton verdâtre et terne à chaque image, annihilant le beau boulot de photographie de Dariusz Wolski et de direction artistique de John Myhre.

Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence, de Rob Marshall. Avec Johnny Depp, Penélope Cruz, Ian McShane. 2h20. Sortie le 18 mai.

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