Événement : Warner restaure BEN-HUR. Et bien plus encore…

09-11-2011 - 08:16 - Par

Warner ressort son chef-d’œuvre en Blu-ray, dans une copie restaurée aux petits oignons. Et ouvre sa filmothèque, faite de grandes raretés, aux internautes cinéphiles.


C’est au Festival des Lumières, à Lyon, que Ned Price est venu présenter BEN HUR en version entièrement restaurée. Qui est Ned Price, demanderez-vous ? L’homme qui s’est occupé pendant un an et demi de ce précieux lifting, à domicile, au labo Warner Brothers Motion Picture Imaging. C’est sa spécialité : être la mémoire vive du studio Warner, s’occuper de faire exister un film pour qu’il ne tombe jamais dans l’oubli. Pour donner un coup de jeune au chef-d’œuvre de William Wyler, datant de 1959 et récompensé par onze Oscars, Warner a déboursé un million de dollars. « Cela peut paraître cher, nous explique Ned, mais mettons cela en perspective : BEN HUR reste, encore aujourd’hui, le 5e film le plus lucratif de Warner. » De quoi soigner la copie et avoir envie d’en faire l’étendard du savoir-faire technique de l’équipe : « Le film a bénéficié d’un type de restauration nouveau, digital et non photochimique. BEN HUR fait plus de 3 heures et il y avait 55 bobines de négatif 65mm. C’est beaucoup de matière. » Mais un incident lors d’un processus de conservation avait endommagé la pellicule de taches blanches au beau milieu de l’image et ce, sur toute la durée du film : « Nous avons alors dû développer un procédé et un algorithme pour nous permettre de voir les morceaux d’images cachées par ce défaut. » Parlez d’un travail d’orfèvre ultratechnologique. Et c’est d’ailleurs grâce aux exigences modernes du cinéphile que le studio a voulu dépoussiérer le long-métrage : « Si le Blu-ray n’avait pas existé, il aurait été plus difficile de lever des fonds pour restaurer BEN HUR, continue Ned Price. Entreprendre une restauration de cette magnitude pour une simple édition en DVD, c’est trop d’énergie. Car la résolution ne vous aurait pas permis de percevoir la différence telle quelle est vraiment. » Si Ned Price est à Lyon, c’est aussi pour promouvoir le système de DVD on demand que Warner a d’abord mis en place aux États-Unis, et qui débarque chez nous, doucement mais sûrement. Le principe est simple : le studio met à disposition des cinéphiles exigeants ses titres les plus rares, souvent inédits en galettes. Aucune distribution massive en magasin, mais la possibilité de s’offrir une copie via le site Internet officiel, gravée sur demande et expédiée dans la foulée. « Pourquoi ne pas sortir ces titres dans un schéma plus classique de distribution ?, nous dit-il. Disons simplement que, en magasin, un titre pousse l’autre. » Ce que ces raretés ne méritent pas, avouons-le. « Et plus pragmatiquement, si vous deviez produire un DVD dans une logique commerciale plus traditionnelle, vous devez doubler le coût avec les frais de marketing, puis tripler le coût avec les frais de transport. » Outre-Atlantique, cette filmothèque démente s’intitule les Warner Archives. Chez nous, on l’appelle les Trésors de la Warner (www.warnerbros.fr/tresors) et même si elle est moins fournie que sa cousine yankee, elle comporte une trentaine de classiques tels que LA FEMME AUX DEUX VISAGES de George Cukor, BREWSTER McCLOUD de Robert Altman ou encore LES GENS DE LA PLUIE de Coppola, un choix effectué en collaboration entre Warner et TCM. Mais la collection est vouée à s’agrandir, d’autant plus si elle remporte le succès escompté. Aux USA, il est même possible pour l’internaute de proposer des titres à l’équipe de la major : « Les Warner Archives sont très dépendantes des demandes du public. Chaque requête initie de saines conversations et des débats. » Chez nous, ce service interactif est en développement et sera prochainement disponible pour une symbiose idéale entre l’offre et la demande. Et il est également en projet de s’appuyer sur la filmothèque très fournie (environ 900 titres dont la plupart a déjà été restaurée) des Warner Archives. Ned Price nous avoue militer toutes griffes dehors pour voir AMERICA AMERICA d’Elia Kazan devenir disponible en DVD on demand. Pour qui aime le cinéma, le potentiel d’une telle plateforme fait fantasmer. Mais il est surtout rassurant de voir que la mémoire du cinéma est encore entretenue par de tels gardiens : « Si vous n’investissez pas pour restaurer et préserver, certains longs-métrages vont disparaître. Trop de gens sont complaisants avec leur filmothèque et, même au sein des studios, on a trop tendance à croire que les films existeront à jamais même si on ne s’en occupe pas », ajoute Ned. Et avant de finir, il répète : « N’oubliez pas : votez pour AMERICA AMERICA ! » Ce qui nous a fait rire.

BEN-HUR ÉDITION ANNIVERSAIRE, de William Wyler. Warner Home Video. Disponible

Les trésors de la Warner : www.warnerbros.fr/tresors

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