SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI : chronique

04-04-2012 - 10:16 - Par

Se lancer dans une adaptation de la bande dessinée de Franquin, sans filet de sécurité, peut s’avérer dangereux. Même quand on est un Nuls qui n’a peur de rien.

De son propre aveu, Alain Chabat ne s’est attelé aux aventures égyptiennes du gaulois Astérix que pour mieux arriver à ses véritables fins : transposer sur grand écran la créature de Franquin. Compte tenu de la sympathie naturelle de l’ex-Nuls (nous vous devons une reconnaissance éternelle !), et de sa patience, on ne doutera pas un instant de sa sincérité. Pourtant, la découverte successive des premiers éléments promotionnels de SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI en a refroidi plus d’un. Gags poussifs, direction artistique un peu ringarde… De là à présager d’un résultat catastrophique, il n’y a avait qu’une petite foulée facile à franchir. Alors Chabat a-t-il accouché d’un vrai délire digne de MISSION CLEOPÂTRE ou d’une blague en circuit fermé façon RRRrrrr !!!? Aucun. On se situerait davantage dans un entre-deux où le spectateur de plus de dix ans se sentirait laissé pour compte.

Dans la théorie, Alain Chabat prouve qu’il connaît l’univers politico-écolo-rigolo de Franquin sur le bout des doigts. D’ailleurs les inconditionnels de la BD pourront même mettre à l’épreuve leurs connaissances encyclopédiques. Dans la pratique, tout ne marche pas comme sur des roulettes. Dès qu’il s’agit de suivre le marsupial bondissant (finalement très réussi) tout va bien, puisque Chabat a compris que l’animal devait rester un personnage principal de second plan, clownesque et intermittent. En revanche, l’intrigue foutraque patine avec son humour enfantin – pas toujours bienvenu ni en adéquation avec le sujet. Le goût de l’anachronisme historique, cher à l’œuvre d’Uderzo et Goscinny, se prêtait naturellement à l’insémination de références contemporaines. Mais l’union entre Franquin et la bande à Chabat est beaucoup plus forcée. Pour ne pas dire contrainte. De même, SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI ne semble pas savoir quelle cible appâter : pour une farce zoophile ou un bon jeux de mots référentiel il faut se farcir plusieurs cuillerées de réchauffé (l’armoire à glace avec une voix de crécelle) qui ne feront s’esclaffer que les tous petits. Eux seuls seront à l’aise face à un cartoon live aussi généreux et décomplexé que déséquilibré où les quelques savants numéros d’acteurs (Chabat et Jamel Debbouze sauvent quelques meubles) sont perdus dans une végétation abondamment anarchique.

D’Alain Chabat. Avec Alain Chabat, Jamel Debbouze, Fred Testot. France. 1h45. Sortie le 4 avril

Note de la rédaction : 2/5





 
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