[REC]3 GENESIS : chronique

04-04-2012 - 10:20 - Par

Ce prequel de [REC] voulait mettre un coup de fouet à la saga. Mais c’est le coup de grâce.

Ayons une petite pensée pour [REC] de Jaume Balagueró et Paco Plaza, l’un des meilleurs films d’horreur de ce début de siècle et œuvre désormais culte. [REC]2, reprenant le principe du found footage movie (brillamment exploité dans le premier), au contenu religieux un peu grotesque, nous avait moins plu. Il était temps de retrouver la foi avec ce [REC]3 GENESIS, relatant les débuts de l’épidémie virale qui transforme, depuis cinq ans, d’innocents Espagnols en zombies. Et ce que nous dit Paco Plaza, seul ici aux commandes, c’est que les premières traces de la « maladie » ont été décelées au mariage de Clara et Koldo. C’est le tonton rigolo (il en faut toujours un), récemment mordu par un chien, qui l’a insidieusement invitée à la fête. La cérémonie, filmée par le cousin à la mini-DV ainsi que par un pro de la steadycam, commence bien, dans l’allégresse et la joie. Pour nous, c’est plutôt pénible car, comme à n’importe quel mariage où l’on ne connaît personne, on s’intéresse par pure politesse. Certes, ce quart d’heure shooté caméra à la main est totalement nécessaire à la sacrosainte « exposition des personnages ». Mais lorsque le premier mort-vivant surgit et que Koldo voit le plus beau jour de sa vie se transformer en cauchemar, il pète les caméras d’un coup de pied rageur. Générique. C’est la meilleure idée de [REC]3 : balayer violemment (et avec une ironie éclairée) le concept de ses prédécesseurs (aux chiottes, le cinéma-vérité, sic !) et opter pour un filmage classique. Ainsi, le challenge est grand : livrer un long-métrage d’horreur solide, qui s’émancipe de la saga originale. Défi dont on reconnaît l’audace et l’intelligence… Mais défi qui tourne en eau de boudin. À force de revendiquer sa place singulière dans la franchise, [REC]3 s’est entêté à être une petite pochade… Un EVIL DEAD nouvelle génération, avec des survivants déguisés en chevaliers, des mariées armées de tronçonneuses et des blagues sur Bob L’Éponge. Mais n’est pas Sam Raimi qui veut. [REC]3, comédie d’horreur, ne fait ni marrer ni… peur. Et la débauche de tripes à l’air n’y fera rien. Si vous le permettez, nous attendrons sagement [REC] APOCALYPSE, marquant le retour de Jaume Balagueró à la mise en scène et qui, selon la rumeur, est un comeback mordant aux fondamentaux.

De Paco Plaza. Avec Laeticia Dolera, Diego Martín, Sr. B. Espagne. 1h20. Sortie le 4 avril

Note de la rédaction : 2/5





 
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