Cannes 2012 : THE TASTE OF MONEY / Critique

26-05-2012 - 11:03 - Par

D’Im Sang-soo. Sélection officielle, en compétition.

Synopsis : Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s’occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois…

Les riches sont dépravés. Les riches n’ont pas de morale. Les riches sont tous des pourris. Les riches corrompent tout et tous. Voilà, en substance, le propos de THE TASTE OF MONEY, nouvel opus de Im Sang-soo, deux ans après THE HOUSEMAID, déjà présenté en compétition à Cannes. Si nous n’avions déjà pas goûté THE HOUSEMAID, précisément pour son portrait souvent ridicule et sur appuyé de la bourgeoisie, THE TASTE OF MONEY enfonce encore un peu plus le clou dans le cercueil d’un cinéaste dont on va finir par ne retenir que THE PRESIDENT’S LAST BANG. Ici, rien n’est à rattraper, hormis peut-être l’acteur principal, le magnifique (au sens plastique du terme) Kim Kang-woo, dont le charisme et l’ironie offrent au film ses quelques scènes réussies. Au-delà, impossible de ne pas être insupporté par ce que Im Sang-soo a à nous proposer : des personnages unidimensionnels, un scénario cousu de fil blanc dont on démêle les fils en quelques séquences, un humour grotesque et répétitif, et une critique sociétale aussi plate qu’assénée à coups de massue via des dialogues aussi didactiques que creux. Alors peut-être que certains trouveront leur compte dans cette façon très basique – et inefficace à nos yeux – de brocarder les puissants. Mais de notre côté, on y a vu surtout une certaine hypocrisie, Im Sang-soo se servant de sa « critique » pour livrer un spectacle clinquant – au production design plutôt réussi –, visuellement bling jusqu’à l’excès – on ne peut au moins pas lui reprocher de ne pas savoir filmer –, et foncièrement putassier dans sa manière de livrer en pâture à son public des scènes de sexe inutiles et peu excitantes. Bref, voilà deux heures qui nous ont semblé être une éternité.

D’Im Sang-soo. Avec Kim Kang-woo, Baek Yoon-sik, Youn Yuh-jung. Corée du Sud. 1h53. Sortie en octobre







 
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