Cannes 2012 : THE CENTRAL PARK FIVE / Critique

24-05-2012 - 15:29 - Par

De Ken Burns, David McMahon et Sarah Burns. Sélection officielle, hors compétition. Séances spéciales.


Synopsis : Le nouveau film du documentariste consacré Ken Burns, décrit l’histoire de cinq jeunes noirs et hispaniques de Harlem, qui furent à tort condamnés pour le viol en 1989 d’une femme blanche à Central Park, New York.
Réalisé et produit par Burns, David McMahon et Sarah Burns, le film chronique le dossier de la joggeuse de Central Park, pour la première fois du point de vue des cinq adolescents, dont les vies ont été brisées par cette erreur judiciaire…

Après nous avoir régalés en 2007 avec THE WAR – série documentaire de 14 heures sur la Seconde Guerre mondiale –, présenté Hors compétition / Séances spéciales à Cannes, le cinéaste Ken Burns nous revient cette année dans la même section pour nous offrir un doc de toute autre facture, mais pas moins passionnant, THE CENTRAL PARK FIVE. L’histoire ? En avril 1989, une joggeuse est découverte violée et sauvagement battue dans Central Park. En deux jours à peine, la police met en examen cinq adolescents noirs et hispaniques, dont elle obtient des confessions sous la contrainte. Ken Burns et ses co-réalisateurs David MacMahon et Sarah Burns, se donnent pour but de déconstruire l’affaire, et de l’observer du point de vue des accusés, dont la vie a été brisée par des années passées en prison à tort. Le fort de THE CENTRAL PARK FIVE se dévoile dès le premier acte du récit, qui, via des interviews des cinq ados devenus adultes, nous déroule le contexte ayant précédé l’affaire : quelle était la situation criminelle et raciale à New York fin des 80’s, quel était le quotidien et l’environnement familial des adolescents… Une introduction sociologiquement, historiquement et politiquement captivante, qui possède le mérite de donner toutes les cartes au spectateur pour comprendre parfaitement la suite du documentaire et les raisons pour lesquelles cette histoire sordide a dérapé en parangon d’erreur judiciaire. On reconnaît donc là le talent de conteur de Ken Burns, qui use certes des outils traditionnels du docu (interviews, images d’archives), mais le fait avec intelligence ainsi qu’un souci du détail et de la narration évident. On se prend donc à être révolté, ému, hagard, emporté par le suspense, comme pour n’importe quel film de fiction. Cette habileté, Burns la met au service d’un angle plus général, dense et complexe : la société civile – et donc pas seulement la police et la justice – n’est-elle pas aussi responsable de ce genre d’injustice ? N’a-t-on pas, face à ce genre d’affaires, le devoir d’effectuer un nécessaire exercice d’introspection sur nos valeurs et nos capacités de vivre ensemble ? Enfin, ces erreurs judiciaires ne sont-elles pas tout simplement la preuve que l’homme n’est généralement pas bon – comme le souligne un historien dans le film – et l’occasion pour nous de nous questionner ? Des interrogations auxquelles THE CENTRAL PARK FIVE n’assène évidemment aucune réponse définitive, le rendant d’autant plus fort et utile.

De Ken Burns, David McMahon et Sarah Burns. USA. 2h00. Prochainement.





 
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