ROCK FOREVER : chronique

11-07-2012 - 11:35 - Par

L’adaptation d’une comédie musicale culte outre-Atlantique en un concentré de bonne humeur contagieuse.

Cinq ans après avoir réadapté le HAIRSPRAY de John Waters en un film généreux, malin et terriblement groovy, Adam Shankman porte sur grand écran un musical juke-box (utilisant des musiques déjà connues) qui a fait trembler les scènes de toute l’Amérique du Nord, « Rock of Ages » – traduit ici en ROCK FOREVER. Une plongée dans le Los Angeles des années 80, où la scène rock résistait encore au puritanisme galopant, à coups de cheveux longs, de grosses guitares vrombissantes et de chansons à haute teneur en sexualité. Yeah baby. On y suit Sherrie (Julianne Hough, FOOTLOOSE), jeune provinciale aux ambitions artistiques, intégrant le milieu cuir et underground du Bourbon Club où elle fera la rencontre d’un wannabe gueulard de métal, Drew (la découverte Diego Boneta). C’est dans ce bar en danger de fermeture qu’a débuté l’über-star en perdition Stacee Jaxx, prêt à épauler les gérants avec un dernier concert. L’histoire est simpliste, certes. Elle ne brille ni par ses rebondissements, ni par la psychologie – assez légère – de ses personnages… quoique Tom Cruise, réellement épatant, confère une subtile mélancolie à son personnage bling et cul, broyé par la déchéance. On pourrait aussi regretter qu’il n’y ait pas, comme dans HAIRSPRAY, un fort message politique grondant sous sa joie de vivre, mais juste un grand esprit de liberté portant le tout. On peut aussi s’étonner de ne pas s’être amusé comme ça depuis longtemps au cinéma. Perpétuellement ponctué de chansons hégémoniques de l’époque (en vrac, « Pour Some Sugar on Me » de Def Lepard, « Wanted Dead or Alive » de Bon Jovi, « Hit Me with Your Best Shot » de Pat Benatar, « Can’t Fight This Feeling » de REO Speedwagon, « Any Way You Want It » de Journey…), ROCK FOREVER provoque une grosse dose de pur plaisir. C’est une sorte de concert gigantesque, n’évitant pas le syndrome du megamix mais doté d’une énergie électrisante. Tendre quand il dépeint le cœur chamallow des rockers, il est aussi émaillé d’une criante sensualité et d’un humour malicieux véhiculé par des acteurs funambulant sur le fil tendu du kitsch et faisant preuve d’un second degré absolument imparable. On pense à Cruise bien sûr, mais aussi à Alec Baldwin ou Paul Giamatti. Et peut-être encore plus à Malin Akerman et à ses quelques scènes jubilatoires. Il y a, là- dedans, suffisamment d’entertainment débridé pour qu’une fois les lumières rallumées, on ait irrémédiablement envie de s’en repayer une tranche.

D’Adam Shankman. Avec Tom Cruise, Diego Boneta, Julianne Hough. États-Unis. 2h02. Sortie le 11 juillet

Note de la rédaction : 4/5





 
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