END OF WATCH : chronique

14-11-2012 - 10:27 - Par

Jake Gyllenhaal et Michael Pena dans la peau de deux flics patrouillant à South Central. À couper le souffle.

« Le public part en patrouille avec deux flics, apprend à les connaître en tant qu’êtres humains et s’immerge réellement dans le quotidien des officiers de police. Ce point de vue, c’est ce qui fait toute l’originalité du film. » Nous n’oserions pas contredire Jake Gyllenhaal, mais attirons tout de même votre attention sur un point de détail : en matière de plongée en apnée dans les quartiers durs de Los Angeles, la série SOUTHLAND a déjà fait son dû. Ce qui n’enlève rien à l’expérience extrême que propose, avec END OF WATCH, David Ayer – scénariste de TRAINING DAY et réalisateur de BAD TIMES. Il nous embarque avec Brian Taylor (J. Gyllenhaal) et Mike Zavala (M. Peña), deux supercops dont l’arrogance n’a d’égal que le dévouement qu’ils se portent l’un à l’autre. Mais d’arrestations fructueuses en coups d’éclat, ils deviennent la cible des gangs qui garantissent l’installation des cartels à L.A. Ou quand le credo « Serve and protect » se retourne contre ceux qui garantissent le respect de la loi. Histoire que vous saisissiez bien la périlleuse mission des forces de l’ordre, Ayer promet une immersion maximum en faisant de l’un de ses héros un aspirant documentariste qui filme ses rondes et affuble son partenaire d’une caméra embarquée. Mais le procédé ne tiendra pas longtemps la route, se voyant abandonné sur la longueur, au profit d’une réalisation à l’épaule, moins conceptuelle mais tout aussi spectaculaire. C’est un film agressif où des raclures s’éructent des fuck à la face, agitent des flingues sertis de diamants, et ont l’honneur très mal placé. Ils font face à une police corporatiste (où l’on est tous « bros » et « homies »), sur laquelle Ayer porte un regard des plus bienveillants. On aurait d’ailleurs aimé davantage de nuances, car sans quelques dialogues révélant une éthique à géométrie variable, on aurait frisé la lourde propagande. Mais le film vise juste quand il décrit l’atmosphère morbide de South Central et les efforts mis en œuvre pour que le quartier ne sombre pas dans le non-droit. Mieux encore, David Ayer a la plume fine lorsqu’il décrit la montée en puissance des femmes dans ce combat sans fin et ce, des deux côtés de la loi (America Ferrera et Cody Horn sont impressionnantes dans la peau de deux flics badass). Se dégagent du film un réalisme dévorant et une force dévastatrice. Car malgré quelques paliers de décompression, END OF WATCH est en permanence sous tension, jusqu’à l’explosion dans un dénouement d’une violence inouïe.

De David Ayer. Avec Jake Gyllenhaal, Michael Peña, Anna Kendrick. États-Unis. 1h52. Sortie le 14 novembre

 






 
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