UNE NOUVELLE CHANCE : chronique

22-11-2012 - 09:20 - Par

Clint Eastwood se fait vieux mais trouve encore le moyen d’en rire dans UNE NOUVELLE CHANCE, film de base-ball au cœur tendre.

Gus (C. Eastwood) est recruteur pour une équipe de base-ball. Mais ses méthodes à l’ancienne (travail sur le terrain, lectures de journaux sportifs…) sont mises à mal par les logiciels calculant les statistiques des joueurs. Son instinct est remis en cause par les requins de la profession, le patron du club (Robert Patrick) commence à douter de lui et son collègue et ami Pete (John Goodman) s’inquiète : Gus perd progressivement la vue et cette faiblesse pourrit la relation déjà malade qu’il entretient avec sa progéniture (Amy Adams), avocate au futur souriant. Alors qu’il part en mission pour savoir si le nouveau joueur dont tout le monde parle vaut vraiment le coup, sa fille décide de veiller sur lui pour un babysitting qui va tourner au règlement de comptes. UNE NOUVELLE CHANCE se déroule exactement comme on peut l’imaginer (avec, en bonus, ces longs discours techniques sur ce sport typiquement yankee), se termine totalement comme on avait pu l’anticiper… Et se retrouve étiqueté film classique, balisé, plan-plan. Même le très rock’n roll Justin Timberlake est happé par cette spirale de bons sentiments, dans la peau d’un ancien espoir dont la carrière a été (on vous le donne en mille) compromise par une vilaine blessure. Et si on rajoute à ça qu’il va s’enticher de… Enfin bref, cousu de fil blanc, on vous dit. Mais sa prévisibilité serait très problématique si l’on avait détecté le moindre cynisme dans le projet. Or, il y a toute la sincérité nécessaire dans UNE NOUVELLE CHANCE pour conquérir nos cœurs chamallows. Le film se bat contre la dictature de la réussite professionnelle, contre l’argent roi, contre le rendement et la performance à tout prix, comme déconnecté de notre époque, comme une parenthèse désuète. Réac’ ? Peut-être. Mais sans revendications agressives. Presque candide, souvent malicieuse, cette comédie dramatique – mêlée de romantisme – multiplie les vannes gériatriques bienveillantes jetées avec ironie par des hommes affublés de pantalon en velours côtelé et de chemises de bûcheron. Et croque avec grande sensibilité une relation entre un père et une fille, comprenant doucement que la raison de leur conflit est leur ressemblance confondante et pas leur différence. Voilà qui a bon fond.

De Robert Lorenz. Avec Clint Eastwood, Amy Adams, Justin Timberlake. États-Unis. 1h50. Sortie le 21 novembre

 






 
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