GANGSTER SQUAD : Chronique

06-02-2013 - 12:54 - Par

Un gangster movie sans grande personnalité qui peine à tirer parti de son casting, mais qui parvient tout de même à gentiment divertir.

À la fin des années 1940, une escouade clandestine est chargée par un haut gradé de la police de Los Angeles de saboter les activités du mafieux Mickey Cohen. Une tâche que six hommes vont accomplir la rage aux dents, en dansant sur le fil d’une justice expéditive… Avec un tel pitch, tiré de faits réels et inspiré d’un article du Los Angeles Times, GANGSTER SQUAD avait tout pour séduire sur le papier. Surtout avec l’un des castings les plus démentiels qui ait été aligné ces dernières années, composé de Josh Brolin, Sean Penn, Ryan Gosling, Emma Stone, Giovanni Ribisi, Anthony Mackie, Robert Patrick, Michael Pena, Nick Nolte et Mireille Enos. Pourtant, il peine à convaincre pleinement. La faute à Ruben Fleischer, jeune cinéaste plus habitué aux comédies (l’excellent ZOMBIELAND, le foutraque 30 MINUTES MAXIMUM) ? Pas totalement. Certes, la mise en scène de Fleischer manque foncièrement de personnalité – oscillant du banal à la sur stylisation typique de l’actioner – et certains de ses choix esthétiques s’avèrent contestables au final – le tournage en numérique donne un étrange sentiment de décalage factice. Mais l’on ne pourra reprocher à Fleischer les faiblesses patentes d’un scénario qui se contente du minimum syndical, affiche des dialogues d’un didactisme empêchant toute profondeur psychologique, sous exploite sciemment certains personnages ou glamourise artificiellement la véritable histoire de la Gangster Squad et de Mickey Cohen. Parce qu’il ne tente jamais de creuser plus avant le trouble moral qui accompagne la mission de l’escouade ou la personnalité mégalo de Cohen (campé par un Sean Penn en roue libre), le script de GANGSTER SQUAD ne permet jamais au film d’espérer se hisser à la cheville de chefs-d’œuvre du genre, que ce soit les plus anciens (L’ENNEMI PUBLIC de William Wellman) ou les plus récents (LES INCORRUPTIBLES de Brian De Palma). Un manque de mordant qui ne fait pourtant pas de GANGSTER SQUAD un ratage total. Car émergent ici ou là quelques très grandes scènes où Fleischer, par des choix de mise en scène plus affirmés et subtils ou par une direction d’acteurs plus stricte, parvient à relancer l’intérêt de son film. On pense à une courte scène de vendetta où Ryan Gosling abat froidement un malfrat ayant causé la mort d’un jeune passant, ou à une séquence musicale durant laquelle la Gangster Squad décime les activités de Cohen dans un grand élan de destruction rageuse. On pourra également citer la prestance toujours aussi folle de Mireille Enos : dans le rôle de l’épouse du chef de la Squad (campé par Brolin), la comédienne révélée par THE KILLING remporte tous les suffrages. Sans se forcer. En une poignée de scènes, elle insuffle à GANGSTER SQUAD un certain lyrisme émotionnel, une fragilité gracieuse et un semblant de densité psychologique. Autant d’éléments qui permettent à GANGSTER SQUAD de demeurer un divertissement plutôt agréable à suivre, mais n’empêcheront pas de rapidement l’oublier.

De Ruben Fleischer. Avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Sean Penn. États-Unis. 1h53. Sortie le 6 février.

 





 
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