HOTEL TRANSYLVANIE : Chronique

13-02-2013 - 13:33 - Par

Les monstres se réfugient chez Dracula pour se reposer. Les scénaristes de cette animation Sony Pictures auraient dû les accompagner.

Le nom de Genndy Tartakovsky évoque de bien belles choses aux amateurs de dessins animés à forte personnalité. Sa première mouture de STAR WARS : CLONE WARS (en animation traditionnelle) tenait du miracle dans la mesure où le dynamisme et l’inventivité de la mise en scène contrebalançaient les parpaings officiels de la prélogie. SAMURAI JACK, surtout, est la création qui fut la plus représentative du talent hors du commun de Tartakovsky pour l’action supersonique, sa vision cinématographique et son sens du découpage hallucinant. Et on se prêtait à rêver d’un long-métrage sur grand écran. Sur le papier, ce moment est arrivé avec HÔTEL TRANSYLVANIE, situé dans un complexe hôtelier réservé aux créatures damnées afin qu’elles rechargent les batteries et fuient les persécutions humaines. Jusqu’à l’arrivée d’un jeune homo sapiens baroudeur foutant le boxon malgré lui… En soi, l’idée de réunir tout le bestiaire des monstres les plus connus au cinéma sous un même toit a de quoi séduire. Hélas, le noyau scénaristique principal – Dracula, père hyper protecteur tendance maladif, refusant de laisser grandir sa fille Mavis – plombe durablement HÔTEL TRANSYLVANIE. Le problème réside moins dans ce ténu fil rouge narratif que dans le ton employé : celui de la comédie pouêt-pouêt. Ainsi, on comprend très rapidement que HÔTEL TRANSYLVANIE est davantage cornaqué par Adam Sandler (également producteur exécutif) que par Tartakovsky, à en juger par la prolifération de gags certifiés “coussin péteur”. Moins à son aise avec l’animation infographique, le réal’ réussit toutefois quelques fulgurances formelles et rythmiques éparses. Mais il ne peut guère lutter face à ce sentiment persistant d’assister à un brainstorming fainéant de scénaristes qui prétextent la caricature pas finaude de monstres pour enchaîner les blagues éculées. Sur ce point, la comparaison avec L’ÉTRANGE POUVOIR DE NORMAN fait d’autant plus mal que le film de Sam Fell et Chris Butler savait allier drôlerie, écriture maline sans jamais perdre de vue la nature intrinsèquement menaçante de sa maison des horreurs. On souhaite ardemment que le prochain projet de Tartakovsky atteigne un tel niveau. Il en a assurément l’étoffe.

De Genndy Tartakovsky. Avec les voix d’Adam Sandler, Selena Gomez, Steve Buscemi. États-Unis. 1h31. Sortie le 13 février

 

 
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