Cannes 2014 : XENIA / Critique

19-05-2014 - 17:41 - Par

De Panos H. Koutras. Sélection officielle, Un Certain Regard


Synopsis officiel :
A la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure.
Ce voyage mettra à l’épreuve la force de leurs liens, leur part d’enfance et leur amour des chansons italiennes.

Pános Koútras n’a pas peur d’aller chercher Almodóvar sur son propre territoire. XENIA est une histoire de famille, de vengeance, d’amour et de musique, comme le sont bon nombre de films cultes de l’ex-roi de la Movida. Comme lui, ce réalisateur grec aime les personnages exubérants, les ambiances de night-club déserté et les stars de la chanson populaire. Mais Koútras inscrit son film dans la réalité très actuelle et préoccupante de la Grèce post-crise. Sur fond d’immigration et de montée de l’extrême-droite, l’histoire de ces deux frères opposés, à la recherche de leur père, prend forcément une tournure métaphorique. C’est à la fois la force et la faiblesse de ce film imparfait mais attachant. À trop piocher dans tous les styles, passant du mélo à la chronique sociale, du polar à la comédie musicale, du réalisme le plus cru à l’onirisme le plus étrange, XENIA finit par ressembler à un étrange fourre-tout, pas loin d’être opportuniste. Oscillant en permanence entre les outrances mélancoliques façon Pedro et une quotidienneté rappelant les films d’Eytan Fox, le film pourrait paraître incohérent. Heureusement, Koutras négocie avec élégance les virages les plus serrés, grâce notamment à ses deux interprètes masculins, très touchants. Si le film n’a peut-être donc pas complètement l’ampleur voulue, il n’en réserve pas moins, et c’est suffisamment rare pour le noter, quelques belles surprises.

De Panos H. Koutras. Avec Kostas Nikouli,
 Nikos Gelia. Grèce. 2h08. Sortie le 18 juin



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