Cannes 2016 : ONE WEEK AND A DAY / Critique

16-05-2016 - 07:02 - Par

Cannes 2016 : ONE WEEK AND A DAY

D’Asaph Polonsky. Semaine de la critique, en compétition.

Synopsis officiel : Après la semaine de deuil suite au décès de leur fils, Vicky pousse Eyal, son mari, à reprendre le train-train quotidien. Au lieu de cela, il prend de la drogue avec son jeune voisin pour planer et découvre qu’il reste encore des choses qui valent la peine d’être vécues.

On aime Cannes parce qu’on y bouscule nos a priori. Un premier film israélien sur le deuil à La Semaine de la Critique ? On imagine un film dur, frontal, certes peut-être très puissant mais vraiment pas aimable. ONE WEEK AND A DAY est tout le contraire. Voilà une petite merveille, un film plein d’humour et d’amour sur un sujet vraiment pas joyeux. Centré sur la journée d’un couple en plein deuil de leur fils décédé d’un cancer, ce premier long métrage de Asaph Polonsky a l’intelligence rare de traiter l’émotion par l’humour. Ce deuil, ils vont le faire, c’est sûr. Mais ça passera par un pétage de plomb, un vrai, un besoin nécessaire de tout envoyer valser pour réapprendre à vivre avec la perte. Profondément burlesque, donc humain, ONE WEEK AND A DAY réussit à nous faire rire par surprise et ça fait un bien fou. Jamais lourd ni pesant, le film n’est pas non plus futile ou léger. Il invente juste un ton, une mécanique comique généreuse qui combat le mélodrame possible par des chutes, des vannes et parfois même de la poésie. Sans jamais insister lourdement sur le sous-texte émotionnel de la situation, le film raconte pourtant bien le processus singulier du deuil : faire avec. Eyal, le père en colère, va éprouver le temps d’une dernière journée une complicité perdue avec un fils de substitution, Zooler, le meilleur ami de son fils décédé. Ce personnage, absolument hilarant, emmène ONE WEEK AND A DAY vers des purs moments de jeux dont une furieuse séquence de air guitar, totalement gratuite certes mais vraiment jouissive. Conjurer la peine, s’énerver, se battre, se débattre voilà ce que font ces personnages le temps de cette journée mais sans jamais sombrer, en gardant toujours le front haut. Il y a une énergie ici qui emporte tout et amène subtilement spectateurs et personnages vers l’émotion. Sans même prévenir, les larmes coulent et le récit se clôt avec pudeur et simplicité. C’est peut-être là la plus belle réussite de ce film très attachant : avoir compris que le deuil tient dans la capacité à donner du sens à ses larmes.

D’Asaph Polonsky. Avec Shai Avivi, Evgenia Dodina, Tomer Kapon. Israël. 1h38. Prochainement

 

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