Cannes 2017 : PATTI CAKE$ / Critique

26-05-2017 - 20:20 - Par

Cannes 2017 : PATTI CAKE$

De Geremy Jasper. Quinzaine des Réalisateurs.

Synopsis officiel : Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’un « battle » sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.

Patti rêve d’être rappeuse et son quotidien lui inspire des textes socioréalistes de talent. Sa mère est une chanteuse ratée devenue ivrogne. Sa grand-mère, la seule qui croit en elle, est très malade. Patti bosse dans un bar de soulards pour payer les factures d’hôpitaux. Avec son meilleur ami, qui est caissier à la pharmacie, ils rêvent de rapper en public pour des sessions enflammées. Lors d’une scène ouverte, elle rencontre un musicien qui transforme des rimes nihilistes en brûlots engagés. Les trois vont alors décider de faire un disque, malgré les railleries des bad boys du coin. On pourrait suivre ce trio étrangement bien assorti – elle est blanche et rondelette, eux sont maigrelets et indien pour l’un et afro-américain pour l’autre – jusqu’au bout de leur monde ésotérique, onirique et désenchanté tant leur lien artistique et amical est joliment écrit, tant leur air désabusé cache une naïveté brisée, tant ils sont beaux à voir dans les émotions qu’ils partagent. D’autant que PATTI CAKE$ (du nom de scène de la demoiselle) est un film d’acteurs, où chaque cadre les aime d’un coup de gros plan. Le réalisateur, Geremy Jasper filme des silhouettes, des caractères, des attitudes, des visages pleins de sentiments. Il faut dire que les trois acteurs qui les servent (Danielle Macdonald, Siddharth Dhananjay et Mamoudou Athie, vu à l’affiche de THE GET DOWN dans la peau de Grandmaster Flash) sont d’un entrain contagieux. Ce sont eux qui sauvent littéralement le film de la débandade car d’un côté, PATTI CAKE$ peut vite être visuellement indigent –caméra à l’épaule permanente, trop de plans serrés, lumière glauques – et de l’autre, trop occupé à aimer ses personnages, Jasper en oublie de sortir des rails tout tracés du parcours initiatique ou de la success story. Sorte de 8 MILE au féminin, new-yorkais et éclairé au néon, PATTI CAKE$ reste prévisible de bout en bout, hésitant sans cesse entre son esprit hyper indé et ses évidentes ambitions de feel good grand public – Fox Searchlight ne s’y est pas trompé puisque cette division « auteur » de 20th Century Fox s’est emparée du film. 

De Geremy Jasper. Avec Danielle Macdonald, Cathy Moriarty, Mamoudou Athie. 1h48. Sortie le 30 août

 

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