Cannes 2017 : LES PROIES / Critique

24-05-2017 - 12:53 - Par

Cannes 2017 : LES PROIES

De Sofia Coppola. Sélection officielle, compétition.

Synopsis officiel : En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Quand la fin d’un film semble arriver trop tôt, c’est soit parce qu’il nous a procuré un plaisir et une joie intenses qu’on voudrait éternels, soit parce qu’il a un sérieux souci de vide. À son rythme languide, LES PROIES (remake du film de Don Siegel de 1973) a raconté comment, dans un État du sud, en pleine guerre de Sécession, la directrice d’un pensionnat de jeunes filles (Nicole Kidman) recueille un soldat de l’Union blessé à la jambe (Colin Farrell). De la plus innocente des fillettes à la plus mature des femmes, elles tombent sous le charme de ce bellâtre. Il devient l’ami d’une petite, le fantasme absolu d’une ado (Elle Fanning), le preux chevalier d’une femme sans illusion (Kirsten Dunst et son talent redoutable). D’abord objectifié – le film fait penser à tort qu’il traitera le féminisme de manière subtile -, le caporal va reprendre le dessus sexuel. C’est la fin de l’idylle. Plus branché « guerre des sexes » que vraiment politique, LES PROIES opte certes pour le point de vue féminin mais sans mordant. Il y a bien des scènes de séduction massive un peu coquines pour épicer la dimension thriller mais dès que Coppola pourrait créer le malaise, elle s’en détourne par timidité. Aucun érotisme, aucune violence, notre groupe de femmes se dépatouille de sa condition, notre homme fait l’outragé et les vaches sont bien gardées. Par ici un beau plan – l’image est léchée, pas de doute là-dessus -, par là une réplique à double sens qui fait du bien à nos oreilles et provoque un rire sincère, et partout du jeu de haut niveau. LES PROIES, en 1h30 chrono, nous rappelle qu’il ne faut pas chercher les femmes sous peine d’en attirer l’ire, que leur colère est dévastatrice et que l’homme déploie une violence terrible lorsque sa fierté est mal placée. Sans être inintéressant, le propos n’est pas pour autant très grinçant. Beau à regarder, admirable dans sa tenue générale, mais trop éthéré, LES PROIES manque de chair, de nerf, de subversion, de prise de position. Il est vrai que c’est un pur film de Sofia Coppola, mais le sujet n’est pas franchement soluble dans son cinéma chic. Alors quand le générique de fin arrive, on l’accueille sans colère, ni soulagement. On l’accueille c’est tout, un peu circonspect par la proposition.

De Sofia Coppola. Avec Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst. Etats-Unis. 1h31. Sortie le 23 août

 

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