Cannes 2017 : LAS HIJAS DE ABRIL / Critique

23-05-2017 - 12:50 - Par

Cannes 2017 : LAS HIJAS DE ABRIL

De Michel Franco. Sélection officielle, Un Certain Regard.

Synopsis : Valeria, 17 ans, est enceinte. Elle vit à Puerto Vallarta avec Clara, sa demi-sœur. Valeria ne voulait pas que sa mère Abril – qu’elle n’a pas vue depuis longtemps – apprenne sa grossesse. Mais en raison de soucis financiers et de la responsabilité qui accompagne le fait d’avoir un enfant, elle décide finalement d’appeler sa mère. Lorsqu’Abril arrive, elle se montre volontaire. Mais très vite, ce pourquoi Valeria ne voulait plus d’elle se manifeste à nouveau.

Roi du cinéma provoc, Michel Franco revient après le raide CHRONIC avec un étrange mélo. Une histoire de famille tordue, un film de femmes, de mères, de filles et d’homme objet qui laisse pendant longtemps une impression bizarre. Solaire et presque trop calme, le film démarre comme une chronique sensible. Une jeune adolescente tombe enceinte de son jeune amoureux. Sa mère débarque en catastrophe et la soutient. Pourtant, Franco ouvre le film par une séquence liminaire qui reste en tête. La colère de cette jeune fille à l’idée que cette mère débarque, sa peur aussi. Evidemment, le film lui donnera raison. En toute connaissance du cinéma de Franco, on guette le revirement trash, la petite scène cracra qui plane au-dessus de cette relation mère-fille tordue. Mais il faut croire que le réalisateur s’est assagi car le récit, tendu et étrange, a l’intelligence de rester à hauteur de ses personnages et de ne jamais sombrer dans le sempiternel jeu de massacre. Il préfère une sorte de névrose collective, de crise de nerfs gigantesque qui vire dans sa dernière partie au thriller nerveux. Est-ce la présence magnétique d’Emma Suarez (géniale en simili Blanche Dubois), vue dans JULIETA ; est-ce l’influence discrète de Tennessee Williams et son « Tramway nommé Désir » cher à l’auteur, mais LAS HIJAS DE ABRIL est peut-être le meilleur « film d’Almodovar » depuis longtemps ou tout du moins le meilleur hommage qu’on pourrait lui rendre. Une sorte de TOUT SUR MA MÈRE cinglé plutôt habile, un film de maternité contrariée qui, sans être inoubliable, tient le choc de la comparaison.

De Michel Franco. Avec Emma Suarez, Ana Valeria Becerril, Enrique Arrizon. Mexique. 1h33. Prochainement

 

 

 

 

 

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