Cannes 2018 : ARCTIC / Critique

11-05-2018 - 15:23 - Par

Cannes 2018 : ARCTIC

De Joe Penna. Sélection officielle, Séances de minuit.

 

Synopsis officiel : En Arctique, la température peut descendre jusqu’à moins -70°C. Dans ce désert hostile, glacial et loin de tout, un homme lutte pour sa survie. Autour de lui, l’immensité blanche, et une carcasse d’avion dans laquelle il s’est réfugié, signe d’un accident déjà lointain. Avec le temps, l’homme a appris à combattre le froid et les tempêtes, à se méfier des ours polaires, à chasser pour se nourrir… Un événement inattendu va l’obliger à partir pour une longue et périlleuse expédition pour la survie. Car cette terre gelée ne pardonne aucune erreur.

 

Certains projets ont le malheur fortuit de passer après de grands films : sans chercher à concurrencer leurs aînés, ils y sont forcément comparés défavorablement et sans doute injustement. D’autres, comme ARCTIC, ne sont déjà pas à la hauteur de leur prédécesseurs et ajoutent à l’équation de ne pas être à la hauteur tout court. D’être rongés par des faiblesses intrinsèques extrêmement handicapantes. Loin, très loin derrière ALL IS LOST de J.C. Chandor et 127 HEURES de Danny Boyle, ARCTIC conte la difficile survie d’un homme sur la banquise après que son avion s’y est écrasé. Sa situation, déjà pas bien joviale, se complique lorsqu’il doit partir en expédition pour… secourir les secours.

Les derniers mots du pitch encapsulent tout le problème d’ARCTIC : alors qu’un survival mutique nécessite une grande précision narrative pour ne sombrer ni dans l’intrigue inutile ni dans la formule forcée, tout en renouvelant perpétuellement les enjeux et le récit, le premier film de Joe Penna se bat contre de grosses lacunes d’écriture. Sans doute trop long d’une bonne vingtaine de minutes, le récit s’étire inutilement et multiplie les rebondissements prévisibles amenés et exécutés grossièrement – la scène de l’ours, notamment. De même, à force de vouloir combler et de chercher à tout prix à éviter les errements, Joe Penna fait sombrer ARCTIC dans un dolorisme exacerbé à la limite du chemin de croix qui, s’il pourrait sembler réaliste, achève néanmoins la crédibilité du film – à l’instar de ce dernier plan des plus manipulateurs, qui annihile ce qui aurait pu être une idée aussi forte que belle et inattendue.

ARCTIC a beau soigner son esthétique générale, il lui manque un vrai geste de mise en scène, des parti-pris suffisamment forts pour emporter le spectateur au-delà de l’intrigue et les personnages au-delà de leur fonction narrative. S’il n’y a rien de déshonorant, tout ici reste classique et sage, sans prouesse ni idée salvatrice. Reste Mads Mikkelsen dont le magnétisme ne fait jamais défaut : il donne tout, corps et biens, au film, et lui permet de surnager.

De Joe Penna. Avec Mads Mikkelsen. Islande. 1h37. Sortie le 5 décembre

 

 

 

 

 

 

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