Cannes 2018 : YOMEDDINE / Critique

09-05-2018 - 23:32 - Par

Cannes 2018 : YOMEDDINE

De A.B. Shawky. Sélection officielle, Compétition.

 

Synopsis officiel : Beshay, lépreux aujourd’hui guéri, n’avait jamais quitté depuis l’enfance sa léproserie, dans le désert égyptien. Après la disparition de son épouse, il décide pour la première fois de partir à la recherche de ses racines, ses pauvres possessions entassées sur une charrette tirée par son âne. Vite rejoint par un orphelin nubien qu’il a pris sous son aile, il va traverser l’Egypte et affronter ainsi le Monde avec ses maux et ses instants de grâce dans la quête d’une famille, d’un foyer, d’un peu d’humanité…

D’aucuns diraient qu’il n’y a bien qu’à Cannes que l’on peut découvrir un road movie sur un Égyptien lépreux qui, au décès de sa femme, part à dos d’âne à travers son pays pour en savoir plus sur ses origines. YOMEDDINE, avec son sujet extrêmement casse-gueule, peut autant effrayer qu’intriguer, casser que passer : sur le papier, cette histoire a tout pour sombrer dans le misérabilisme putassier mais, bien exécutée, pourrait aussi surpasser les attentes et déjouer les clichés. Au pire, YOMEDDINE basculerait du côté obscur de l’auteurisme de festival. Mais, étrangement, il ne suit aucune de ces voies. Premier film oblige, le jeune cinéaste A.B. Shawky accumule les maladresses – à l’image de péripéties poussives, pas toujours utiles ou à la fonction narrative et symbolique bien trop voyante – et ne maîtrise pas toujours le sentimentalisme qui anime son récit, notamment en appuyant désespérément son propos. Pour autant, son récit est traversé de myriades de petits moments touchants, d’une profonde et évidente sincérité, d’instants d’une violence fugace visant juste, souvent rehaussés par l’excellent score composé par Omar Fadel visiblement sous l’influence du Dan Romer des BÊTES DU SUD SAUVAGE. En prenant la forme du conte, YOMEDDINE s’assure que sa naïveté, même bancale, ne soit pas totalement incongrue. Déjà vu milles fois en mieux certes, mais loin de la tartine indigeste de pathos que l’on aurait pu craindre.

De A.B. Shawky. Avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz, Shahira Fahmy. Egypte. 1h37. Prochainement

 

 

 

 

 

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