Cannes 2019 : IT MUST BE HEAVEN / Critique

24-05-2019 - 19:53 - Par

Cannes 2019 : IT MUST BE HEAVEN

De Elia Suleiman. Sélection officielle, Compétition.

 

Synopsis officiel : ES fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie. Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir « chez soi » ?

 

Dix ans après LE TEMPS QU’IL RESTE et dix-sept après son Prix du Jury obtenu pour INTERVENTION DIVINE, Elia Suleiman est de retour en compétition à Cannes avec son style des plus reconnaissables, son avatar filmique quasi muet aux expressions apathiques et son humour si particulier, jouant autant du jeu du champ et du hors-champ que de l’absurde et du silence. Avec IT MUST BE HEAVEN, le cinéaste palestinien entend explorer le sentiment d’appartenance mais il le fait de manière si explicite et évidente que l’on peine à le suivre au-delà du premier acte. Appuyant de manière très visible sa filiation rêvée avec Tati, Chaplin et Buster Keaton, Suleiman multiplie les saynètes drolatiques afin de démontrer à quel point chaque territoire charrie ses propres problèmes sociopolitiques, à quel point la misère ou le bellicisme pourrissent tout de par le monde. Au final, chaque terre a ses avantages et ses inconvénients, chaque terre peut être un paradis et un enfer, et les humains d’où qu’ils soient, se ressemblent et forment, en fait, une grande communauté universelle. IT MUST BE HEAVEN use et abuse d’un humour poético-tendre qui dérive souvent vers le lourdaud et où le comique confond répétition et redondance. Assénant le même propos scène après scène, Suleiman regarde le monde à travers des yeux de clown triste et finit par laisser l’ironie devenir parodie, voire pochade. Lorsque chaque femme qu’il rencontre à Paris est un mannequin ou que chaque new-yorkais se balade avec un fusil de guerre automatique en bandoulière, Suleiman ne fait pas que grossir le trait pour rire, il le surligne, l’entoure au fluo et ajoute quelques guirlandes clignotantes autour, au cas où, on ne sait jamais. De la farce humaniste dont aucune situation n’apparaît réellement originale ou marquante et où l’humour apparaît plus évident que mordant. Restent des cadres redoutablement composés. C’est peu.

De Elia Suleiman. Avec Elia Suleiman. Palestine / France. 1h37. Prochainement

 

 

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