Cannes 2012 : MADAGASCAR 3, BONS BAISERS D’EUROPE / Critique

18-05-2012 - 14:45 - Par

D’Eric Darnell, Tom McGrath, Conrad Vernon. Sélection officielle, Hors Compétition.


Synopsis : Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l’hippopotame et Melman la girafe cherchent toujours désespérément à rentrer chez eux ! Évidemment, King Julian, Maurice et les pingouins les suivent dans leurs péripéties… Leurs aventures les mènent en Europe où ils trouvent une couverture idéale : un cirque ambulant, qu’ils vont devoir ré-inventer – façon Madagascar…

« Si vous ne divertissez plus, c’est parce que vous faites votre travail de façon mécanique, sans passion », lance Alex le lion (Ben Stiller) à ses nouveaux amis, membre d’un cirque en décrépitude. Les dialoguistes de MADAGASCAR 3 tendent le bâton pour se faire battre. Car à force de décliner ses plus gros succès en suites interminables, ce sont bien les artistes de DreamWorks qui semblent bosser sur des rails, sans se remettre en question. Après tout, pourquoi le feraient-il puisque les deux premiers opus de la saga MADAGASCAR ont cumulé plus d’un milliard de dollars de recettes dans le monde ? Sauf qu’avec ce troisième opus, la phrase d’Alex le lion sonne comme un autoportrait : dès ses premières secondes, MADAGASCAR 3 donne la désagréable impression de se lancer en pleine bourre, sans prendre le temps d’exposer le moindre enjeu via un simili premier acte. Ce rythme effréné, hystérique, comme un grand huit dont nous serions prisonniers, s’impose alors pendant 90 minutes où rien ne nous est épargné. Clichés éhontés (à la limite) et rabâchés (beaucoup plus ennuyeux) sur les Français ou les Italiens, 3D surgissante à chaque plan, et scénario prévisible : MADAGASCAR 3 nous fait la totale. Et nous pousse inexorablement vers l’ennui. Car le film décline ici ce que l’on aime le moins dans la formule DreamWorks (les références pop en moins), qui apparaît de plus en plus poussive et paresseuse. Bien sûr, les tout petits riront sans aucun doute à de nombreuses facéties des héros. Même les adultes pourront sourire à certaines d’entre elles – mention spéciale à Mort, le lémurien-hamster toujours aussi stupido-mignon. Mais pourquoi se contenter du minimum quand DreamWorks a prouvé voilà deux ans avec DRAGONS, qu’elle était capable de concurrencer haut la main Pixar ? Surtout que MADAGASCAR 3, s’il est poussif dans son récit et divertit au final assez peu, démontre surtout que les auteurs n’ont plus rien à dire sur ces personnages. Des héros qui pendant trois films ont cherché à rentrer chez eux pour au final… le regretter ? Une ultime pirouette ouvrant sur de nouvelles aventures sans aucun doute trépidantes. La prochaine se fera sans nous. Désormais, on privilégiera les projets « sérieux » de DreamWorks, LES CINQ LEGENDES en tête.

D’Eric Darnell, Tom McGrath, Conrad Vernon. Avec les voix de Ben Stiller, David Schwimmer, Chris Rock. USA. 1h30. Sortie le 6 juin



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