HAPPINESS THERAPY : Chronique

29-01-2013 - 10:25 - Par

Après FIGHTER, David O. Russell continue d’impressionner en renouvelant la romcom avec panache.

Interné huit mois en psychiatrie, Pat (Bradley Cooper) est enfin libéré. Bien décidé à reconquérir son épouse, ce bipolaire n’a plus qu’un credo : l’optimisme. À tout prix. Son chemin croise alors celui de Tiffany (Jennifer Lawrence), jeune veuve qui avait elle aussi sombré dans la dépression… D’aucuns argueraient qu’HAPPINESS THERAPY est l’un des titres « français » les plus ridicules de l’année. Il s’avère surtout peu adéquat comparé à sa dénomination anglo-saxonne, SILVER LININGS PLAYBOOK, que l’on pourrait traduire par « la stratégie de l’optimisme ». Avec son nouveau film, David O. Russell ne s’intéresse en effet pas tant au bonheur qu’à sa quête. Un mécanisme de recherche de la beauté et d’élan du cœur qui va permettre à Pat d’ouvrir enfin les yeux sur ce qui doit vraiment faire sa félicité. En opposant fantasme et réalité, HAPPINESS THERAPY pourrait ainsi être rapproché du TWO LOVERS de James Gray, dont il serait le pendant comico-dramatique. Comme il l’avait déjà fait dans I HEART HUCKABEES – mais cette fois avec bien plus de brio – O. Russell se penche sur des excentriques, qu’il filme avec une bienveillance rafraîchissante, en évitant soigneusement de tomber dans une surenchère faisant de ses dépressifs des phénomènes de foire. Pat et Tiffany forment même l’un des couples les plus fascinants du cinéma américain récent, autant par leur banalité que par l’universalité de leurs blessures, de leurs questionnements existentiels et des obstacles qui encombrent leur existence. Des personnages offrant aux superbes (à tout point de vue) Cooper et Lawrence leurs meilleurs rôles à ce jour : ils bâtissent là des prestations d’une rare finesse et d’une bouleversante profondeur, marchant sur un fil ténu entre tragédie et comédie. Surtout qu’O. Russell a l’intelligence de les entourer de seconds rôles presque aussi déglingués qu’eux, mais refusant de l’admettre : Jacki Weaver en mère dépassée, Chris Tucker en fou poignant, Shea Whigham en frangin refoulant ses émotions, et Robert De Niro en père furax, qui sort enfin de ses cachetonnages à répétition. Certes, HAPPINESS THERAPY n’invente pas grand-chose, et son scénario s’avère même cousu de fil blanc. Mais son récit est si enthousiasmant, ses émotions si justes, riches et sincères, et sa mise en scène si intelligente, qu’il s’impose aisément comme le premier rayon de soleil de 2013.

De David O. Russell. Avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert De Niro. États-Unis. 2h02. Sortie le 30 janvier

 





 
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