LES MISÉRABLES : Chronique

13-02-2013 - 13:43 - Par

Une comédie musicale grandiose mais inégale, par le réalisateur oscarisé du DISCOURS D’UN ROI, Tom Hooper.

On connaît tous l’épopée de Jean Valjean, bagnard à la grande noblesse d’âme, prenant sous son aile Cosette, orpheline désœuvrée. Pour Victor Hugo, dépeindre sa vie est comme un prétexte pour dresser un portrait réaliste et enragé de la France sous la Restauration et la Monarchie de juillet. Comment trouve-t-on l’amour et la paix quand son propre pays vous en refuse le droit ? Faut-il défier l’autorité ? Tuer ? Ou au contraire tendre la main ? De cette grande histoire universelle a été tiré un musical français, qui cartonne à Londres depuis des décennies. Son adaptation au cinéma, la voici, mise en scène par Tom Hooper, formellement généreuse et audacieuse. On pourrait croire qu’un film aussi prestigieux peinerait à assumer son côté « de gauche » avec son casting à paillettes. On pourrait penser aussi que l’utilisation permanente de chansons (rares sont les dialogues déclamés sans mélodie) pourrait rendre le propos d’Hugo un tantinet dérisoire. Cela aurait pu être le cas si le film ne s’autorisait pas une grande noirceur ou si le pouvoir de l’interprétation n’était pas totalement dévastateur. Dans le rôle de Javert, Russell Crowe fait montre d’une profondeur époustouflante dès lors qu’il prête sa voix brute et rock aux magnifiques chansons qui portent son rôle. Aussi brève soit l’apparition de Fantine, Anne Hathaway emporte littéralement le film le temps d’un « I Dreamed a Dream » d’une beauté indicible. Ensuite, LES MISÉRABLES ne cessera de courir derrière ce moment de grâce et son récit, de s’essouffler (c’est aussi le cas de l’impact de la musique, plus faible vers la fin du film). Dire qu’il livre tous ses atouts dans sa première heure ne serait pas exagéré car il perd doucement de sa chair – à deux exceptions près (les disparitions de Javert et de Gavroche). Le jeu de Hugh Jackman, pourtant flamboyant dans ses premières scènes, se boursoufle. Et les gaudrioles des Thénardier, campés par Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter, atteint une bouffonnerie insoutenable. Et pourtant, malgré une deuxième partie lassante, on ne retiendra que les sommets d’émotions bouleversants du premier acte, car s’ils laissent une marque indélébile sur le film, ils sont aussi de grands moments de cinéma tout court.

De Tom Hooper. Avec Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway. Royaume-Uni. 2h30. Sortie le 13 février

 





 
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