Cannes 2010 : Rebecca H. / Critique

20-05-2010 - 19:25 - Par

RebeccaHBandeau

De Lodge Kerrigan. Sélection officielle, Un Certain Regard.

Synopsis : Une évocation de Grace Slick, chanteuse/leader du groupe Jefferson Airplane centrée sur la relation de Slick avec un fan qui devient fasciné par la rock star.

Le film de Lodge Kerrigan, qui fût un temps avait époustouflé son monde avec KEANE, pourrait bien être ce qu’on a vu de pire sur la Croisette depuis longtemps, si seulement on l’avait compris. Ou si seulement le réalisateur américain avait fait en sorte qu’on le comprenne. REBECCA H. qui semble être l’histoire parallèle de deux femmes envoûtées par Grace Slick, chanteuse du groupe Jefferson Airplane, prend le spectateur de haut, autant narrativement que visuellement. Il est de toute évidence hors de question pour Kerrigan d’accueillir le spectateur dans sa bulle filmique, préférant les dialogues abscons et les plans imbitables à quoi que ce soit d’avenant. On vous l’avoue pour expier notre péché, à 10 minutes de la fin et après avoir subi un plan d’un quart d’heure sur Geraldine Pailhas qui marche de dos dans les rues de Gennevilliers, on est sorti.

Avec un récit et une réalisation nombrilistes (Lodge Kerrigan s’autodirige dans le film et se filme en train de diriger) multipliant de vaines mises en abîmes, on va jusqu’à se demander si REBECCA H. n’a pas été fait pour Cannes spécialement. Filmé il y a quelques trois mois apparemment, faisant références à maintes reprises à la bourgade et à son fameux festival, déroulant du dialogue autocentré d’une actrice fascinée par Maurice Pialat (parlez d’un clicheton surtout quand il s’agit de Géraldine Pailhas), REBECCA H. est presque une parodie de film chiant. Disons que c’est la tentative d’un Américain de faire un film français comme on le conçoit outre-Atlantique, ce qui équivaut à la phrase précédente, ce qui est quasiment une insulte quand on y pense. Passée la demi-heure de ce qu’on peut faire de pire dans le cinéma (des réflexions métaphysiques de comptoirs, des plans à la vacuité exceptionnelle), ça ne fait même plus rire. Et à moins qu’on soit totalement passé à côté du sens profond (mmm…) de ce petit objet à la volonté réflexive et contemplative, l’autosatisfaction et le manque flagrant de générosité, ça peut même mettre en colère.

Rebecca H. (Return to the dogs), de Lodge Kerrigan, USA. Avec Géraldine Pailhas, Pascal Greggory. 1h15. Prochainement

Jefferson Airplance interprète « White Rabbit » sur un plateau de télé :

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